jeudi 11 mars 2010

LE CROYANT DECRIT DANS LE CORAN

Les vrais croyants sont ceux dont les cœurs frémissent quand on mentionne Allah. Et quand Ses versets leur sont récités, cela fait augmenter leur foi. Et ils placent leur confiance en leur Seigneur. (Sourate al-Anfal, 2)

... C'est Lui qui vous a élus; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion, celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés "musulmans" avant (ce Livre) et dans ce (Livre)... (Sourate al-Hajj, 78)

Et qui profère plus belles paroles que celui qui appelle à Allah, fait bonne œuvre et dit: Je suis du nombre des musulmans? (Sourate Fussilat, 33)

L'Islam a un principe simple: adorer uniquement Allah. L'Islam devrait donc être l'application, dans la vie, de ce principe sous ses diverses formes. Toutes les choses qui ne sont pas basées sur ce principe appartiennent d'une manière ou d'une autre à la "religion de l'ignorance".
Cette réalité de l'adoration d'Allah a une signification beaucoup plus profonde qu'elle n'y paraît. Car il y a des croyants qui appartiennent à la société de l'ignorance même s'ils pensent n'adorer qu'Allah. Et comme ils n'idolâtrent aucune statue quand ils font la prière – un acte qui est en général accompli exclusivement pendant les fêtes religieuses ou les vendredis – ils pensent qu'ils adorent uniquement Allah.
Cependant, la réalité est tout autre. La compréhension du terme "adoration" se limite à tort à la prostration devant un être. Cette erreur pousse les gens à ne pas accomplir les autres obligations religieuses et à ne pas adopter une moralité coranique. Mais, la vraie signification de l'adoration devrait être dérivée du Coran. En d'autres termes, sa signification devrait être comprise selon la description qu'en donne le Coran et non sur la base de la définition fausse de la société de l'ignorance.

Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent. (Sourate ad-Dariyat, 56)

Comme le verset ci-dessus l'indique, les hommes et les djinns ont été créés "pour servir Allah". Un croyant est donc celui qui répond à cette définition. Conformément au but de sa création et à sa nature, un croyant sert exclusivement Allah et ne fait que l'adorer pendant toute sa vie, comme mentionné dans le verset. Devrions-nous conclure, à l'instar de la société de l'ignorance, qu'un croyant doit rester en position de prostration jusqu'à la fin de sa vie?
Naturellement non... Quand nous nous penchons sur le Coran, nous voyons qu'adorer Allah inclut toutes les obligations et responsabilités commandées dans le Coran et tous les actes réalisés pour gagner l'agrément d'Allah.

Dis: "En vérité, ma Salat, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Allah, Seigneur de l'Univers." (Sourate al-An'âm, 162)
Comme ce verset l'indique, l'adoration comprend non seulement la prière, mais aussi toute la vie ainsi que la mort. Un musulman est celui qui passe toute sa vie dans la voie d'Allah. Ainsi, il obtiendra l'agrément d'Allah, Sa miséricorde et il sera l'héritier des jardins éternels dans l'Au-delà.
Par ailleurs, mener sa vie selon d'autres buts que l'agrément d'Allah équivaut à "Lui attribuer des associés". Ces buts sont multiples comme indiqué dans le Coran: la richesse, une carrière, une propriété, des femmes et des enfants. Tous ces désirs poussent l'homme à agir au prix de perdre l'agrément d'Allah. C'est le plus grand péché que l'on puisse commettre. Pendant des siècles, les prophètes ont invité les gens à renoncer à Lui attribuer des associés. La seule intention de ces gens en attribuant des associés à Allah est d'obtenir des profits mondains. Le matérialisme dialectique se trompe en affirmant que l'humanité, à travers les siècles, a évolué du polythéisme au monothéisme. Les temps les plus récents ne sont pas plus monothéistes que les périodes les plus anciennes de l'histoire. En ce sens, le Coran affirme que les sociétés de l'ignorance peuvent exister à tout moment et à n'importe quel endroit et qu'elles attribuent toutes des associés à Allah. Par conséquent, aujourd'hui, une grande partie de la population mondiale pratique le polythéisme sous une forme ou une autre. Dans ce monde polythéiste, seules les sociétés de vrais croyants pratiquent "la religion qui consiste à adorer Allah seulement".

Voilà ce que dit un croyant: "Ô gens! Si vous êtes en doute sur ma religion, moi, je n'adore point ceux que vous adorez en dehors d'Allah; mais j'adore Allah qui vous fera mourir. Et il m'a été commandé d'être du nombre des croyants." (Sourate Yunus, 104)

Alors, comment doit-il adorer Allah? Que doit-il faire dans la voie d'Allah? Doit-il vivre toute sa vie dans un couvent de derviches afin de passer par de rudes épreuves en restant loin de tous les plaisirs mondains et même des besoins essentiels pour rester vivant? Doit-il adopter un mode de vie contemplatif, sans relief, tel un ermite? Non... Il doit mener sa vie en conformité avec le modèle décrit dans le Coran et non pas en fonction de ce que les gens ignorants définissent comme "religieux". Puisqu'il sait qu'Allah le voit, ce que d'autres pensent de lui ne le gêne pas. Puisqu'il sait qu'il n'est pas obligé de montrer sa piété à d'autres, il ne prendra pas la peine de respecter les exigences non-coraniques de la définition que font les ignorants du "religieux".
Il vit pour Allah seulement et travaille exclusivement pour Lui. Il emploie toutes les possibilités, y compris sa force physique, pour la cause d'Allah. Ce n'est pas une voie qui est pleine de difficultés ou qui prive une personne de tous les plaisirs de la vie, à la différence de ce que croient la plupart des gens qui ne connaissent pas l'Islam. Au contraire, un être qui adore Allah est celui qui est le plus indépendant, paisible, heureux et gai car il se débarrasse de tous les faux dieux qui l'enchaînent. Les questions suivantes ne l'inquiètent plus: "Que pensent les gens de moi?", "Que ferai-je, si cette personne ne m'aime pas?", "Qu'est-ce qui se passera si je suis renvoyé du travail?". Il se débarrasse du joug des dieux incapables, impuissants, cruels, déraisonnables, et, à la place, il se consacre à Dieu seul, le Puissant, le Sage, l'Omniscient et le Clément.

Nulle contrainte en religion! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis qu'il croit en Allah saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Allah est Audient et Omniscient. (Sourate al-Baqarah, 256)

Le Coran aborde cette tâche particulière du Prophète qui est de "libérer les gens de leurs chaînes et de leurs jougs":

Ceux qui suivent le Messager, le Prophète illettré qu'ils trouvent écrit (mentionné) chez eux dans la Thora et l'Évangile. Il leur ordonne le convenable, leur défend le blâmable, leur rend licites les bonnes choses, leur interdit les mauvaises, et leur ôte le fardeau et les jougs qui étaient sur eux. Ceux qui croiront en lui, le soutiendront, lui porteront secours et suivront la lumière descendue avec lui; ceux-là seront les gagnants. (Sourate al-Araf, 157)

Allah définit les croyants comme ceci:

Les musulmans et musulmanes, croyants et croyantes, obéissants et obéissantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d'aumônes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur chasteté et gardiennes, invocateurs souvent d'Allah et invocatrices: Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense. (Sourate al-Ahzab, 35)

Le musulman a un lien intime et ferme avec Allah. Allah est son seul ami, son unique soutien et son seul Dieu. La relation intime du prophète Abraham avec Allah est énoncée dans le Coran:

Il dit: "Que dites-vous de ce que vous adoriez...? Vous et vos vieux ancêtres? Ils sont tous pour moi des ennemis sauf le Seigneur de l'Univers, qui m'a créé, et c'est Lui qui me guide; et c'est Lui qui me nourrit et me donne à boire; et quand je suis malade, c'est Lui qui me guérit, et qui me fera mourir, puis me redonnera la vie, et c'est de Lui que je convoite le pardon de mes fautes le Jour de la Rétribution. Seigneur, accorde-moi sagesse (et savoir) et fais-moi rejoindre les gens de bien; fais que j'aie une mention honorable sur les langues de la postérité; et fais de moi l'un des héritiers du Jardin des délices; et pardonne à mon père: car il a été du nombre des égarés; et ne me couvre pas d'ignominie, le jour où l'on sera ressuscité, le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d'aucune utilité... (Sourate as-Shu'arâ', 75-88)

Le Coran exemplifie par une comparaison imagée la différence qui existe entre la quiétude d'une personne qui sert seulement Allah et la tourmente d'une autre personne qui Lui attribue des associés et sert donc plusieurs dieux:

Allah a cité comme parabole un homme appartenant à des associés se querellant à son sujet et un (autre) homme appartenant à un seul homme: sont-ils égaux en exemple? Louanges à Allah! Mais la plupart d'entre eux ne savent pas. (Sourate az-Zumar, 29)

L'une des caractéristiques les plus importantes d'un croyant est d'éviter l'arrogance et l'orgueil. Un vrai croyant ne se déifie jamais. Il connaît ses défauts et prie Allah de lui pardonner. Il sait qu'il doit chercher refuge auprès d'Allah dans tous ses actes et à chaque moment de sa vie. Puisqu'il est au courant de ses faiblesses, il n'a pas une opinion trop élevée de lui-même. Par conséquent, il se perfectionne avec l'aide d'Allah. Il s'efforce d'atteindre le modèle du croyant décrit dans le Coran. Son humilité est perceptible dans tout ce qu'il fait.

Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre, qui, lorsque les ignorants s'adressent à eux, disent: "Paix". (Sourate al-Furqane, 63)

L'un des plus grands problèmes d'un mécréant est qu'il est vaniteux et se déifie. Le Coran souligne la situation de ces gens qui nient la vérité en raison de leur vanité bien que leur âme la confirme:

Ils les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu'en eux-mêmes ils y croyaient avec certitude. Regarde donc ce qu'il est advenu des corrupteurs. (Sourate an-Naml, 14)

Le but principal d'un croyant en ce monde est de lutter pour sa religion. Il luttera contre tous les obstacles qu'il rencontre dans la voie d'Allah. L'avidité et les désirs avilissants de son âme (nafs) sont ses plus grands obstacles. Durant toute sa vie, il s'opposera à lui-même. Sa propre personne offrira toujours des solutions allant contre l'agrément d'Allah. Elle essaiera aussi de l'induire en erreur et de l'éloigner de la voie d'Allah au moyen d'innombrables ruses telles que la crainte, le désespoir et l'indolence. Cependant, un croyant surmontera tout cela grâce à son ardeur, son affection, son courage, sa détermination et sa patience. Il ne se détournera jamais de sa voie parce qu'elle est celle d'Allah qui est son gardien, son protecteur et son défenseur uniques.
Il ne lutte pas seulement pour lui-même. Il est le calife d'Allah sur cette terre qui est sous sa responsabilité. Par conséquent, il livrera un combat à l'aide de sa sagesse contre les transgresseurs: ceux qui oppressent les gens, les tyrannisent et essaient de les détourner de la voie d'Allah. En termes coraniques, il apportera le salut et la justice d'Allah à "ces hommes, femmes et enfants qui, étant faibles, sont maltraités et opprimés". Les gens obtiendront la justice d'Allah sur terre par les efforts de ces califes.
Seules les sociétés gérées par les personnes qui vivent selon les principes moraux et les commandements du Coran peuvent aspirer à la vraie justice. Le musulman traite les gens avec justice et les mène à la vérité pour l'agrément d'Allah. Les mécréants qui désirent régner espèrent obtenir des bénéfices mondains comme l'argent, la réputation et le succès professionnel. La vraie justice ne pourra jamais être établie sous leur gouvernement. Mais les croyants assument la mission d'"établir la justice" partout dans le monde et cela ne peut se faire qu'en diffusant les enseignements du Coran parmi les gens.

Parmi ceux que Nous avons créés, il y a une communauté qui guide (les autres) selon la vérité et par celle-ci exerce la justice. (Sourate al-Araf, 181)

Le Coran souligne également l'opposition entre les croyants et les fauteurs de trouble sur terre.

Traiterons-Nous ceux qui croient et accomplissent les bonnes œuvres comme ceux qui commettent du désordre sur terre? Ou traiterons-Nous les pieux comme les pervers? (Sourate Sad, 28)

Les croyants luttent pour sauver le monde du tumulte. Le Coran explique cette forte caractéristique des croyants dans le verset ci-dessous:

Et ils n'eurent que cette parole: "Seigneur, pardonne-nous nos péchés ainsi que nos excès dans nos comportements, affermis nos pas et donne-nous la victoire sur les gens mécréants". Allah, donc, leur donna la récompense d'ici-bas, ainsi que la belle récompense de l'Au-delà. Et Allah aime les gens bienfaisants. (Sourate al-Imran, 147-149)

Un autre verset de la même sourate montre combien les vrais croyants sont intrépides:

Certes ceux auxquels l'on disait: "Les gens se sont rassemblés contre vous; craignez-les" - cela accrut leur foi - et ils dirent: "Allah nous suffit; Il est notre meilleur garant". (Sourate al-Imran, 173)

Un croyant assume la mission d'inviter les gens à la religion d'Allah. "Ordonner le convenable et interdire le blâmable" est son devoir principal.

Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable, accomplissent la Salât, acquittent la Zakat et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage. (Sourate at-Tawbah, 71)

Une autre caractéristique du croyant qui le rend différent du faux dévot, est qu'il ne s'attend à aucun profit quand il communique le message du Coran aux gens. Son but n'est pas de gagner de l'argent, la richesse et le succès professionnel mais l'agrément d'Allah. Il recherche sa récompense seulement dans la voie d'Allah.

Si vous vous détournez, alors je ne vous ai pas demandé de salaire... Mon salaire n'incombe qu'à Allah. Et il m'a été commandé d'être du nombre des soumis. (Sourate Yunus, 72)

Voilà ceux qu'Allah a guidés: suis donc leur direction. Dis: "Je ne vous demande pas pour cela de salaire". Ce n'est qu'un rappel à l'intention de tout l'Univers. (Sourate al-An'âm, 90)

Le croyant a donc une moralité supérieure. Il a une personnalité agréable, tolérante et clémente. Puisqu'il n'est pas homme à s'emporter pour les choses les plus simples, son attitude démontre sa maturité et il se comporte selon sa raison et non pas en fonction de ses sentiments. Il est dévoué, bienveillant et aimable.

Et qui endurent dans la recherche de l'agrément d'Allah, accomplissent la Salat et dépensent (dans le bien), en secret et en public, de ce que Nous leur avons attribué, et repoussent le mal par le bien. A ceux-là, la bonne demeure finale. (Sourate ar-Raad, 22)

... qui dépensent dans l'aisance et dans l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui - car Allah aime les bienfaisants. (Sourate al-Imran, 134)
Accepte ce qu'on t'offre de raisonnable, commande ce qui est convenable et éloigne-toi des ignorants. (Sourate al-Araf, 199)

La sanction d'une mauvaise action est une mauvaise action (une peine) identique. Mais quiconque pardonne et réforme, son salaire incombe à Allah. Il n'aime point les injustes! (Sourate Achoura, 40)

Ils sont ceux qui ne donnent pas de faux témoignages, et qui, lorsqu'ils passent auprès d'une frivolité, s'en écartent noblement. (Sourate al-Furqane, 72)

Ils offrent la nourriture, malgré son amour, au pauvre, à l'orphelin et au prisonnier. (Sourate al-Insan, 8)

Naturellement le croyant fait des erreurs; après tout il est un être humain. Mais dès qu'il réalise ses erreurs, il les corrige et prie Allah de lui pardonner ses fautes. Aucune de ses fautes ne le désespère, parce qu'il est sûr de l'aide d'Allah et cherche le refuge dans Sa miséricorde éternelle.

Et pour ceux qui, s'ils ont commis quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à Allah), se souviennent d'Allah et demandent pardon pour leur péchés - et qui est-ce qui pardonne les péchés sinon Allah? - et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu'ils ont fait. (Sourate al-Imran, 135)

Ses seuls amis sont Allah et les serviteurs d'Allah, les croyants. Il considère les gens seulement selon leur foi (imân). Son attitude envers les gens ne sera pas motivée par le facteur racial, la carrière, les liens de famille, et les avantages qu'ils lui fournissent. Le seul critère qui les rend dignes d'être aimés de lui est leur vertu. Son ami le plus intime ne l'est plus, s'il s'avère être un ennemi d'Allah. D'autre part, n'importe quel croyant qui se consacre à Allah est un frère intime pour lui, même s'ils n'ont rien d'autre en commun dans le sens de la parenté de famille, du statut social ou de la fortune. Il aime pour l'agrément d'Allah et il déteste pour l'agrément d'Allah.
Il est homme d'intelligence. Il fait confiance à Allah. Puisqu'il place sa confiance en Lui, il est débarrassé des craintes, de l'inquiétude et des douleurs des affaires mondaines. Il pense librement et conçoit facilement les aspects complexes des événements. Sa raison est renforcée par la sagesse et la connaissance.
Il est un calife sur terre, qui porte l'esprit d'Allah. Il se rend compte qu'il restera dans le monde seulement pour une courte période. Dans ce bref laps de temps, il sera éprouvé et instruit. Ensuite il sera prêt pour sa demeure finale dans l'Au-delà. Sa vie dans ce monde est pleine de gloire et d'honneur comme serviteur d'Allah. Personne ne peut le détourner de sa voie. On pourrait le tuer; cependant c'est sa plus grande récompense car être tué dans la voie d'Allah n'est nullement une fin pour lui mais un grand honneur.

SE REMETTRE EN QUESTION


Ô vous qui avez cru! Craignez Allah. Que chaque âme voie bien ce qu'elle a avancé pour demain. Et craignez Allah, car Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Et ne soyez pas comme ceux qui ont oublié Allah; (Allah) leur a fait alors oublier leurs propres personnes; ceux-là sont les pervers. (Sourate al-Hasr, 18-19)

Les croyants qui ont satisfait Allah et sont acceptés au Paradis par Lui, possèdent les caractéristiques mentionnées ci-dessus. Et nous? Nous sommes-nous jamais demandé si nous leur ressemblons?
Le modèle du croyant décrit dans le Coran nous montre ceci: dire "Alhamdulillah, je suis musulman" et pratiquer de temps en temps quelques rituels simples n'est pas suffisant devant Allah. Un vrai croyant s'efforce et persévère dans la voie d'Allah. Le Coran explique la position de ceux "qui adorent Allah marginalement":

Il en est parmi les gens qui adorent Allah marginalement. S'il leur arrive un bien, ils s'en tranquillisent, et s'il leur arrive une épreuve, ils détournent leur visage, perdant ainsi (le bien) de l'ici-bas et de l'Au-delà. Telle est la perte évidente! (Sourate al-Hajj, 11)

Un autre verset explique les actes dignes dans la voie d'Allah:

La bonté pieuse ne consiste pas à tourner vos visages vers le Levant ou le Couchant. Mais la bonté pieuse est de croire en Allah, au Jour Dernier, aux Anges, au Livre et aux prophètes, de donner de son bien, quelqu'amour qu'on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux, aux voyageurs indigents et à ceux qui demandent l'aide et pour délier les jougs, d'accomplir la Salat et d'acquitter la Zakat. Et ceux qui remplissent leurs engagements lorsqu'ils se sont engagés, ceux qui sont endurants dans la misère, la maladie et quand les combats font rage, les voilà les véridiques et les voilà les vrais pieux! (Sourate al-Baqarah, 177)

Evidemment, ce serait se bercer d'illusions que de se dire: "Mon cœur est pur, je n'ai aucune mauvaise habitude et je ne fais de mal à personne, assurément Allah m'aime". Allah demande que les gens Le servent, pas seulement qu'ils aient un cœur pur et qu'ils ne fassent de mal à personne. Si une personne n'obéit pas aux commandements d'Allah et n'accomplit pas ses obligations religieuses, même si elle a un cœur pur, elle ne satisfera pas Allah. En outre, un cœur sans foi ne peut être pur. Seule la vraie foi libère une personne des turpitudes comme la jalousie, la passion pour le monde, l'égoïsme, la quête d'avantages, etc. On devrait garder à l'esprit que ces erreurs ne peuvent être corrigées qu'en étant persévérants dans nos devoirs envers Allah.

LE MODELE D'UNE PERSONNE VIVANT DANS UNE SOCIETE ELOIGNEE DE LA RELIGION


Et ils dirent: "Il n'y a pour nous que la vie d'ici-bas: nous mourons et nous vivons et seul le temps nous fait périr". Ils n'ont de cela aucune connaissance: ils ne font qu'émettre des conjectures. (Sourate al-Jathya, 24)

Or, il y a des gens qui discutent au sujet d'Allah sans aucune science, ni guide, ni Livre pour les éclairer. (Sourate al-Hajj, 8)

Malgré toutes ces qualités des croyants, un certain type de musulmans peut encore être indifférent à la religion. Afin d'en comprendre la raison, nous devons étudier les préjugés et impressions des gens en général sur l'Islam et les musulmans. Ce musulman qui nous intéresse n'est pas un athée mais il ne pratique pas sa religion comme il se doit. Ce musulman est le type même des soi-disant musulmans qui mènent leur vie selon quelques principes mais qui ne font pas partie de la vraie religion. Le terme "irréligieux" est donc ici approprié pour décrire ces sociétés, gens et/ou principes qui ne nient pas la religion mais qui n'ont rien à voir avec elle non plus. En conséquence, le musulman de notre propos fait partie de la société irréligieuse qui est éloignée des véritables valeurs religieuses. En fait, ce modèle irréligieux de conduite nous est familier car il est un produit de la société dans laquelle nous vivons.
Comme nous l'avons mentionné au début, l'une des caractéristiques les plus importantes d'un individu adoptant ce modèle irréligieux est qu'il se comporte selon les imprégnations qui lui sont imposées par la société. Toutes ses attitudes sont déterminées en suivant la masse. C'est également ainsi que son point de vue au sujet de la religion s'enracine.
Donc, toutes les pensées de notre musulman-cible, au sujet de la religion, sont conditionnées par son environnement. Il n'a pas beaucoup d'avis sur le Coran. Peut-être ne l'a-t-il même pas lu une seule fois dans sa vie. Par conséquent, son unique source d'information sur l'Islam et les musulmans provient des pratiques sans fondement de ses grands-parents ainsi que des histoires et des rumeurs au sujet de l'Islam. Il pense que toutes les activités entreprises au nom de l'Islam font partie du vrai Islam.
Durant sa scolarité, il ne peut résister aux idées évolutionnistes de son professeur de biologie ou à l'athéisme de son professeur de philosophie. On lui impose des idées qu'il accepte et trouve justes. Il pense avoir trouvé la vérité et découvert quelques orientations importantes dans la vie.
Comme mentionné auparavant, certains médias font passer des personnes perverties pour des dévots et des idées perverties comme islamiques. Ils présentent également les croyants comme des personnes agressives, fanatiques, primitives, passives et isolées. A travers cette propagande systématique et discriminatoire des médias, notre musulman pense qu'il a acquis assez de connaissance au sujet de l'Islam. Il est si instruit qu'il n'hésite pas à proposer des idées impromptues et à faire des jugements au sujet de l'Islam à ses amis. Quand il rencontre des personnes qui adhèrent à la même idéologie et qui l'approuvent, il devient beaucoup plus sûr de lui-même et de ses idées.
Les pratiques religieuses incorrectes, corrompues et déraisonnables dont il s'imprègne et qui ne reflètent pas le vrai Islam, ne le poussent pas à rechercher la vérité. Il ne prend pas la peine de savoir s'il y a une vraie religion. Il ne s'en préoccupe pas car il a des choses plus importantes à faire, comme aller à l'école ou au travail ou encore s'occuper de sa famille. Il ne veut pas assumer sa responsabilité de connaître la réalité. Les médias matérialistes lui font réprimer sa conscience qui, elle, l'invite à penser à Allah et à la religion. S'il y a un système d'Allah qui oblige les gens à pratiquer la religion, comment traitera-t-il alors ses affaires mondaines? Il pense à tort que l'Islam ajoutera de nouveaux ennuis aux siens. Son esprit est si nébuleux qu'il ne peut même pas penser que son évasion de la réalité ne le libérera pas de ses responsabilités.
La situation psychologique de ce musulman et de ses pairs est décrite dans l'un des versets du Coran:

Ils empêchent (les gens) de s'approcher de lui et s'en écartent eux-mêmes. Ils ne feront périr qu'eux-mêmes sans s'en rendre compte. (Sourate al-An'âm, 26)

L'attitude irréligieuse de la société est son plus grand alibi. Le mode de vie irréligieux adopté par les membres "de la haute société", les politiciens, les auteurs et d'autres personnes célèbres et importantes, qui sont en général connus pour être des intellectuels éclairés, l'affecte profondément. Après tout, "la haute société" ne doit-elle pas avoir les normes les plus appropriées de la vie? Il ne lui reste plus, dans ce cas, qu'à se conformer à la société dans laquelle il vit.
En se tenant loin de la religion, il pense qu'il est une personne moderne. Il pourrait se culpabiliser d'être une personne irréligieuse. Mais il se soulage en pensant qu'il y a beaucoup d'autres gens qui partagent cette culpabilité avec lui. Il croit à tort que "commettre une offense en groupe réduit la responsabilité individuelle".
Mais quand il mourra, il sera tout seul. Personne ne sera avec lui lorsqu'il devra rendre des comptes. Ces personnes et ces membres célèbres et éclairés de la haute société ne pourront pas l'aider. Des versets du Coran indiquent ceci:

Et tous comparaîtront devant Allah. Puis, les faibles diront à ceux qui s'enflaient d'orgueil: "Nous étions bien vos suiveurs. Pouvez-vous nous être de quelque utilité contre le châtiment d'Allah?". Alors, les autres diront: "Si Allah nous avait guidés nous vous aurions certainement guidés. Il est indifférent pour nous de nous plaindre ou d'endurer; nous n'avons pas d'échappatoire". (Sourate Ibrahim, 21)

Et vous voici venus à Nous, seuls, tout comme Nous vous avions créés la première fois, abandonnant derrière vos dos tout ce que Nous vous avions accordé. Nous ne vous voyons point accompagnés des intercesseurs que vous prétendiez être des associés. Il y a certainement eu rupture entre vous: ils vous ont abandonnés, ceux que vous prétendiez (être vos intercesseurs). (Sourate al-An'âm, 94)

Puisqu'il comprend mal la signification du concept d'"être élu", il prend pour modèle des personnes égarées. La société de l'ignorance exige des qualifications telles que la richesse et la renommée pour donner à un individu le statut d'élu. Ces critères sont sans pertinence en Islam. Les valeurs menant à l'éminence en islam et qui font d'un individu un élu, et de ce fait un croyant, sont sa piété et son intimité avec Allah.
Et rappelle-toi Abraham, Isaac et Jacob? Nos serviteurs puissants et clairvoyants. Nous avons fait d'eux l'objet d'une distinction particulière: le rappel de l'Au-delà. Ils sont auprès de Nous, certes, parmi les meilleurs élus. (Sourate Sad, 45-47)

La société exige beaucoup de qualifications et de sacrifices personnels. Tout d'abord, le musulman de notre démonstration doit obtenir un "statut" et un "prestige" dans la société selon ces critères irréligieux. Autrement, "que penseront les gens de lui"? Graduellement, il apprend des manières plus efficaces "d'épater les autres" pour faire "bonne" impression. Pour lui, la seule chose qui importe est "l'impression qu'ont les autres de lui". Il est trop préoccupé par ce que pensent les autres de lui. Par ailleurs, il ne s'inquiète pas de rechercher l'agrément d'Allah. Il prétend rechercher la satisfaction d'Allah, mais quand l'on considère ses actions, l'on se rend compte que la seule chose dont il se soucie est de faire plaisir aux gens.
La société forme également les gens dans la nature de leur rapport avec le sexe opposé. L'un des slogans préférés de la société actuelle est de "défendre les droits des femmes et montrer du respect aux femmes". Mais il n'en est rien car les femmes sont traitées comme des objets.
La notion de "sortir avec quelqu'un" est imposée comme la seule solution à certains problèmes sociaux de la jeunesse. Cette pratique est encouragée et s'exprime par de nombreux termes dans nos sociétés modernes: "flirt", "petit ami", "petite amie". L'on se soucie peu de savoir si cette attitude convient aux normes religieuses. Les jeunes filles ont la "sainte" mission de satisfaire les besoins des hommes. Les médias ne cessent de déprécier, par une propagande systématique, cachée ou ouverte, des valeurs comme l'honneur et la chasteté. Ce matraquage malsain finit par s'enraciner dans le subconscient des gens. Les filles âgées de 13-14 ans peuvent être considérées comme "lesbiennes" si elles ne flirtent pas avec des garçons. Si un jeune homme résiste à la tentation des maisons closes, il peut également être considéré comme impuissant ou homosexuel. Ceux qui essaient de conserver leur chasteté peuvent être mis au ban de la société. Ainsi s'exerce une pression sociale sur ceux qui n'agissent pas selon les règles sociales irréligieuses. L'opinion publique les invitera à changer leurs mœurs et des mesures disciplinaires seront prises contre ces personnes.
Sous l'effet de toute cette imprégnation, les jeunes personnes commencent à voir le rapport sexuel hors mariage comme permis. La société forge aussi nos points de vue au sujet des homosexuels. La propagande systématique pousse l'homme ordinaire à croire à la légitimité de l'homosexualité: "l'homosexualité est un choix personnel qui devrait être considéré comme tout à fait normal", nous dit-on. Accepter une telle perversion comme normale fait de nous un individu "moderne et intelligent". Un individu dit "moderne" doit abandonner ses valeurs "démodées" et se perfectionner dans le vice. Plus l'on justifie "l'immoralité" sous ses diverses formes, plus l'on est "moderne et intelligent". Peut-on résister à ces idées qui ont force de loi dans nos sociétés? Oui. Un vrai croyant le fait!
Considérons d'autres caractéristiques de ce système. Il préconise le "mariage", qui est originellement une institution qui établit l'amour et le respect entre conjoints sans l'attente du moindre bénéfice des deux parties, comme un instrument d'exploitation mutuelle. Dans ce système, le rôle d'une épouse est d'élever des enfants, de laver le linge et la vaisselle, de cuisiner et de fournir la satisfaction sexuelle du mari. Après avoir "trouvé un mari", l'un des buts les plus importants d'une jeune fille, elle essaie de s'"attacher" son mari en mettant au monde un enfant dès que possible. Ceci afin de "garantir" son futur. Quant au mari, il doit travailler et gagner de l'argent pour satisfaire les besoins de sa "chère" épouse en retour de ses "services". C'est un contrat pour la vie d'échanges mutuels basé sur des intérêts personnels et des règles sociales. Ce genre de mariage n'est pas très différent d'un accord passé pour services divers pendant quelques heures. La seule différence est la durée de la validité de l'accord. Ce mariage compte durer plus longtemps et peut-être pendant toute la vie. En règle générale, les deux conjoints ne veulent pas accepter cette vérité. Quand ils voient qu'il n'y a aucun amour et aucun respect dans leur rapport et qu'ils jouent seulement leurs rôles, ils admettent la dure épreuve de leur mariage comme une "réalité de la vie". Quand l'une des parties refuse d'accomplir les fonctions exigées par cet accord mutuel, le mariage se brise.
On trouve aussi la notion de "mariage de raison". C'est une union conclue sur la base de certaines conditions consenties par les deux parties sans implication d'amour et d'intimité sincères. L'amour est quelque chose de provisoire de toute façon et il disparaîtra tôt ou tard. Ainsi, il n'y a aucun besoin d'être amoureux de la personne que vous épousez. Comme on le comprend facilement, dans ce genre de mariage le point de partage commun n'est pas l'amour mais l'argent, les avantages mutuels et la sexualité qui, après une période, est considérée comme un acte ennuyeux puisque les conjoints s'habituent l'un à l'autre. Même si l'amour existe, il a une signification corrompue. Il est basé sur des critères matérialistes. Les jeunes filles tombent facilement amoureuses des "types" qui ont "des voitures de sport rouges". Qu'ils soient irréligieux n'importe pas vraiment. Puisque le mariage n'implique aucune moralité, comme décrite dans la religion, il est établi sur une base corrompue.
Il est évident que dans ces mariages, les valeurs comme la loyauté et la fidélité n'ont aucune importance. Le nombre croissant de couples qui se trompent est le résultat prévisible de ces conceptions erronées et répandues du mariage. Ils commencent à se tromper l'un l'autre après un certain temps et un bon nombre d'entre eux entretiennent leurs rapports interdits en secret. D'autres personnes "modernes" commettent l'adultère au su du conjoint et sont fières de leur "honnêteté". On idéalise et favorise "la philosophie moderne du mariage", qui est entièrement différente de celle décrite par l'Islam. Cette perspective moderne mène inévitablement à l'idée de "l'amour libre" pratiqué par un grand nombre de gens.
En fait, ce mode de vie irréligieux, plus connu sous le nom de modernisme, n'est pas une philosophie indépendante. Il est relié à un système de pensée qui favorise la destruction des valeurs religieuses et établit un ordre social opposé à la religion. Il essaie d'empêcher les gens de pratiquer leurs obligations religieuses. Les règles de ce système de pensée s'appliquent non seulement au mariage mais également à bien d'autres aspects de la vie. Le système tente de détruire certaines valeurs comme la chasteté et la fidélité. Il corrompt aussi d'autres valeurs en les adaptant à ses pratiques sociales, dénaturant ainsi leur sens originel et induisant les gens en erreur. L'honnêteté, le courage, la bravoure dans la voie d'Allah sont parmi ces qualités qui sont fortement louées dans le Coran. Lutter contre l'injustice, sacrifier sa vie dans la voie d'Allah, ne rien craindre hormis Allah sont certaines des caractéristiques importantes des croyants. Mais dans ce système, s'essayer aux perversions les plus extrêmes devient du courage, se livrer ouvertement à des activités immorales est pris pour de l'honnêteté et défendre résolument des valeurs irréligieuses est considéré comme de la détermination.
La situation des jeunes nous montre la corruption de sens qu'ils font subir aux valeurs. Ainsi le "courage" et la "bravoure" sont associés, chez eux, à des défauts de l'être humain comme l'insolence, l'irrespect, la tyrannie, l'atteinte aux droits de l'homme, l'opportunisme, l'abus de confiance, l'agressivité, l'arrogance et la prétention. Etre un "rebelle et un dur" ou un "macho" sont des modèles de conduite auxquels les jeunes aspirent. L'indiscrétion et la loquacité sont considérées comme des signes de "franchise".
Allah nous informe au sujet de la fourberie de ces gens mentionnés ci-dessus:

Et n'obéis à aucun grand jureur, méprisable, grand diffamateur, grand colporteur de médisance, grand empêcheur du bien, transgresseur, grand pécheur, au cœur dur, et en plus de cela bâtard. Même s'il est doté de richesses et (de nombreux) enfants. Quand Nos versets lui sont récités, il dit: "Des contes d'anciens". (Sourate al-Qalam, 10-15)

Quant aux femmes, elles font de l'amour libre et de la défense du lesbianisme un signe de "courage". Ainsi, avouer son infidélité à son mari se transforme en "honnêteté". Les perversions les plus variées suscitent le "respect" qu'imposent nos sociétés modernes.
En conséquence de toutes ces logiques corrompues, l'idée d'"aimer quelqu'un" prend une tout autre signification. Le degré d'amour est proportionnel à combien on peut éblouir son ami(e) et aux avantages matériels qu'on peut en tirer. L'amour est basé sur certaines images intentionnellement créées. Beaucoup de jeunes filles "tombent" pour "un rebelle romantique" seulement en raison de son image. Vivant pour des clichés, elles trouvent sympathiques les gens vraiment ordinaires et pauvres en qualités. De plus, elles sont prêtes à critiquer les croyants dévoués et respectables qui ont beaucoup de précieuses qualités. Ainsi, un croyant a peu de valeur alors qu'un rebelle inutile et sans aucune qualité attire beaucoup plus l'attention.
La société forme les valeurs, le jugement, les pensées et les sentiments d'un individu à tel point qu'il ne pense pas au but de la vie, à son existence, à la religion et à Allah. Comme le système lui impose des responsabilités innombrables, il n'a, de toute façon, pas le temps de réfléchir sur de telles questions. Avant tout, il doit être le capitaine qui sauve son bateau et gagner un statut dans la société. A cette fin, il devra manipuler et abuser les gens.
La vie est une lutte. Le grand poisson avale le petit. L'élimination du faible est une "loi de la nature". Il doit jouer le jeu avec ses propres règles. Ça lui est égal que les autres aient la même mentalité, pourvu qu'ils ne l'utilisent pas contre lui.
Mais quand les événements prennent une tournure inattendue et qu'il échoue dans ses tentatives d'acquérir un "statut" dans la société, la mentalité qu'il a favorisée jusqu'ici s'avère être une menace pour lui. Il se retrouve alors dans les rangs de ceux qu'il méprisait. Ses prétendus amis, qui en fait ne s'inquiètent pas pour lui, disparaissent maintenant un à un et le laissent tout seul. Une fois qu'il perd son travail, sa richesse, sa santé et son statut ou toute autre chose qui attire l'amour et la considération des gens, tous ses amis se détournent de lui. Il réalise maintenant que son seul refuge est en Allah, le seul à qui il peut accorder sa confiance et demander de l'aide.

C'est Lui qui vous fait aller sur terre et sur mer, quand vous êtes en bateau. (Ces bateaux) les emportèrent, grâce à un bon vent. Ils s'en réjouirent jusqu'au moment où, assaillis par un vent impétueux, assaillis de tous côtés par les vagues, se jugeant enveloppés (par la mort), ils prièrent Allah, Lui vouant le culte (et disant): "Certes, si Tu nous sauves de ceci, nous serons parmi les reconnaissants!" (Sourate Jonas, 22)
Mais dès qu'Allah répond à ses prières et que sa situation redevient enviable, il se détourne d'Allah à nouveau. Il oublie l'homme qu'il était et qui avait demandé désespérément l'aide du Créateur en promettant d'être un vrai soumis si ses prières étaient exaucées.

Lorsqu'Il les a sauvés, les voilà qui, sur terre, transgressent injustement. Ô gens! Votre transgression ne retombera que sur vous-mêmes. C'est une jouissance temporaire de la vie présente. Ensuite, c'est vers Nous que sera votre retour, et Nous vous rappellerons alors ce que vous faisiez. (Sourate Jonas, 23)

Il recommence à évaluer les choses dans une perspective matérialiste et corrompue. Il considère ce qu'il a vécu seulement comme une expérience de la vie et pense qu'il a été sauvé de cette situation indésirable par ses propres efforts. Les choses ne devraient-elles pas être considérées sous l'angle pragmatique plutôt qu'en termes de religion ou de métaphysique? Tout est fini de toute façon. Maintenant il est temps de retourner au jeu. Cette fois il fera attention de jouer avec ses propres règles. Après tout, il est maintenant plus expérimenté.

Et si Nous faisons goûter à l'homme une grâce de Notre part, et qu'ensuite Nous la lui arrachons, le voilà désespéré et ingrat. Et si Nous lui faisons goûter le bonheur, après qu'un malheur l'a touché, il dira: "Les maux se sont éloignés de moi", et le voilà qui exulte, plein de gloriole. (Sourate Hud, 9-10)

Sa mentalité perverse est maintenant plus ferme et établie. Mais il sera éprouvé et il fera face à d'autres ennuis semblables tout au long de sa vie. Tout cela sera une nouvelle chance pour qu'il se tourne vers Allah. Il serait souhaitable pour lui de tirer des leçons du passé et de retrouver le droit chemin avec l'aide d'Allah. Cependant, s'il résiste et s'égare, ces nouvelles chances seront des moyens d'augmenter sa perversion.
Si sa vie se termine avant qu'il ne se rende compte de l'avertissement dans ces épreuves, ce sera trop tard pour lui. Car il lui aura été donné assez de chances et il aura déjà prouvé quel genre de personne il est pendant sa vie. Il a perdu toutes ses chances et récolté le pire.

Si tu les voyais, quand ils seront placés devant le Feu. Ils diront alors: "Hélas! Si nous pouvions être renvoyés (sur la terre), nous ne traiterions plus de mensonges les versets de notre Seigneur et nous serions du nombre des croyants". Mais non! Voilà que leur apparaîtra ce qu'auparavant ils cachaient. Or, s'ils étaient rendus (à la vie terrestre), ils reviendraient sûrement à ce qui leur était interdit. Ce sont vraiment des menteurs. (Sourate al-An'âm, 27-28)

Comme avec les croyants pervers, d'autres versets du Coran exhortent les mécréants à se tourner vers Allah durant leur vie en ce monde.
Et quiconque Allah égare n'a aucun protecteur après Lui. Cependant, tu verras les injustes dire, en voyant le châtiment: "Y a-t-il un moyen de retourner (sur terre)?" Et tu les verras exposés devant l'Enfer, confondus dans l'avilissement, et regardant d'un œil furtif, tandis que ceux qui ont cru diront: "Les perdants sont certes ceux qui au Jour de la Résurrection font leur propre perte et celle de leurs familles". Les injustes subiront certes un châtiment permanent. Il n'auront pas de protecteur en dehors d'Allah pour les secourir et quiconque Allah égare n'a plus aucune voie.

Répondez à l'appel de votre Seigneur avant que ne vienne un jour dont Allah ne reportera jamais le terme. Ce jour-là, nul refuge pour vous et vous ne pourrez point nier (vos péchés). (Sourate Achoura, 44-47)


TRANSITION A LA MORALITE CORANIQUE


Sauf celui qui a commis une injustice puis a remplacé le mal par le bien... alors Je suis Pardonneur et Miséricordieux. (Sourate an-Naml, 11)

Et c'est ainsi que Nous t'avons révélé un esprit (le Coran) provenant de Notre ordre. Tu n'avais aucune connaissance du Livre ni de la foi; mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. Et en vérité tu guides vers un chemin droit. (Sourate Achoura, 44-47)

Ceux qui croient et font de bonnes oeuvres, Allah les fait entrer aux Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, car Allah fait certes ce qu'Il veut. (Sourate al-Hajj, 14)

Chaque personne aura une chance de se débarrasser de l'imprégnation de la société et de prendre la voie d'Allah dans sa vie. Personne ne partira de ce monde avant d'avoir été invité à la religion d'Allah par un avertisseur. Chacun est responsable de ses actes et sera invité à choisir librement l'Islam.

Quiconque prend le droit chemin ne le prend que pour lui-même; et quiconque s'égare, ne s'égare qu'à son propre détriment. Et nul ne portera le fardeau d'autrui. Et Nous n'avons jamais puni (un peuple) avant de (lui) avoir envoyé un Messager. (Sourate al-Isra, 15)

Ceux qui reçoivent cette invitation donnent différentes réponses en retour. Le Coran explique leur réaction en détail. La réaction idéale vient des vrais croyants:

La seule parole des croyants, quand on les appelle vers Allah et Son messager, pour que celui-ci juge parmi eux, est: "Nous avons entendu et nous avons obéi". Et voilà ceux qui réussissent. (Sourate an-Nur, 51)

Néanmoins, tous ne répondent pas aussi positivement à l'appel d'Allah. Le Coran mentionne également ceux qui nient avec orgueil et prennent même les musulmans comme ennemis, quand ils sont invités à ce qu'Allah a révélé.

Malheur à tout grand imposteur pécheur! Il entend les versets d'Allah qu'on lui récite puis persiste dans son orgueil, comme s'il ne les avait jamais entendus. Annonce-lui donc un châtiment douloureux. S'il a connaissance de quelques-uns de Nos versets, il les tourne en dérision. Ceux-là auront un châtiment avilissant. (Sourate al-Jathiya, 7-9)

Cependant, la réaction d'autres personnes est plus ambiguë. Chez certains, leur âme leur permet de distinguer le juste du faux, mais une autre voix à l'intérieur continue à leur imposer de ne pas se détourner de la société irréligieuse. Ils légitiment leur égarement en utilisant divers mécanismes de défense pour échapper à la réalité. Puisqu'ils ne peuvent pas dire: "Les croyants me révèlent la vérité, mais je ne l'accepte pas et ne pratique pas ce qu'ils m'indiquent de faire en raison de ma faiblesse et de mon orgueil", ils essayent de rechercher des défauts dans la religion et aux croyants pour se donner bonne conscience.
Quand une telle personne rencontre un vrai croyant qui est sincère envers Allah, elle le considère avec des soupçons et des préjugés. Quand elle voit que ce croyant ne correspond pas au modèle traditionnel, elle l'accuse d'être une personne qui "interprète la religion selon ses propres désirs et l'utilise à son avantage". Il est intéressant de noter que cette accusation a été adressée même aux prophètes:

Alors les notables de son peuple qui avaient mécru dirent: "Celui-ci n'est qu'un être humain comme vous, voulant se distinguer à votre détriment. Si Allah avait voulu, ce sont des Anges qu'Il aurait fait descendre. Jamais nous n'avons entendu cela chez nos ancêtres les plus reculés." (Sourate al-Mu'minûne, 24)

Ils dirent: "Ô Salih, tu étais auparavant un espoir pour nous. Nous interdirais-tu d'adorer ce qu'adoraient nos ancêtres? Cependant, nous voilà bien dans un doute troublant au sujet de ce vers quoi tu nous invites." (Sourate Hud, 62)

Du coup, le musulman égaré décide, en pleine conscience, d'être le défenseur de la compréhension corrompue de la société de l'ignorance. Il réfute la façon dont vivent les croyants qui ont abandonné la religion corrompue des ancêtres et qui adhèrent au Coran. Il demande aux vrais musulmans: "Chacun agit selon ses désirs et vous êtes les seuls à agir correctement. Est-ce ce que vous prétendez?", "Etes-vous les seuls à avoir compris la vraie religion?", "Prétendez-vous être plus sages que la plupart des croyants sur terre et avoir trouvé le droit chemin?". Cependant, le Coran dit qu'il est faux de croire qu'une chose est vraie parce qu'elle emporte l'adhésion du plus grand nombre. Bien au contraire, le Coran nous avertit que la plupart des gens ne seront pas sur le droit chemin:

Alif, Lam, Mim, Ra. Voici les versets du Livre; et ce qui t'a été révélé par ton Seigneur est la vérité; mais la plupart des gens ne croient pas. (Sourate ar-Raad, 1)

Tandis que certains prophètes avaient de nombreux disciples (comme les prophètes Moïse, Salomon et Mohammed), d'autres ont eu un nombre restreint de suiveurs et certains même n'en ont eu aucun, comme mentionné dans le Coran. Cependant, la variation démographique des croyants à travers l'histoire n'a jamais influé sur la validité intrinsèque de la vérité. Ainsi, tous les prophètes ont communiqué leur message aux gens. Ils ont accompli leur devoir et ont été récompensés en obtenant les plus hauts jardins dans l'Au-delà, quel que soit le nombre de croyants qui les ont suivis.
Le Coran explicite la position des gens qui interrogent les croyants à partir de leur logique corrompue:

N'as-tu pas vu ceux qui ont pris pour alliés des gens contre qui Allah S'est courroucé? Ils ne sont ni des vôtres, ni des leurs; et ils jurent mensongèrement, alors qu'ils savent. (Sourate al-Mujadalah, 14)
Ils sont indécis (entre les croyants et les mécréants) n'appartenant ni aux uns ni aux autres. Or, quiconque Allah égare, jamais tu ne trouveras de chemin pour lui. (Sourate an-Nisa, 143)

Ce genre de personne essaie de trouver des insuffisances dans la vraie religion basée sur le Coran. Bien qu'elle ne sache pas beaucoup au sujet du Coran, elle cherche à contester et à produire des exemples pour défendre sa logique corrompue. Ces exemples sont désignés comme des "comparaisons" par le Coran. En fait ce sont des prétentions sans fondement qui sont proposées comme moyen d'évasion.

Vois à quoi ils te comparent! Ils se sont égarés. Ils ne pourront trouver aucun chemin. (Sourate al-Furqane, 9)

Les comparaisons les plus connues n'excèdent pas quatre ou cinq. "Pourquoi la religion interdit-elle de manger la chair du porc?" est l'une de ces questions les plus fréquemment posées. La personne qui pose cette question sait-elle que le porc se nourrit de son propre excrément, cause une maladie parasitaire et qu'il est donc nocif à la santé humaine? Ces seuls faits auraient dû suffire à la dégoûter. Mais son véritable but est de bouleverser les esprits et non d'obtenir une réponse satisfaisante. La fin de telles personnes est décrite dans le Coran:

Tandis que ceux qui s'efforcent à échapper (au châtiment mentionné dans) Nos versets, ceux-là sont les gens de l'Enfer. (Sourate al-Hajj, 51)

Qui obstruent le sentier d'Allah (aux gens), cherchent à rendre tortueux et ne croient pas en l'Au-delà. (Sourate Hud, 19)

Même si l'on prouve la futilité de ces comparaisons, d'autres sont produites immédiatement. Car le véritable but n'est pas de s'informer mais de rechercher des insuffisances. Un cœur sincère devrait être convaincu du bien-fondé des réponses aux comparaisons. En fait, cette personne ne veut pas changer ses plans ni sa façon de vivre. Par conséquent, elle se bouche les oreilles pour ne pas entendre la réalité:

Et chaque fois que je les ai appelés pour que Tu leur pardonnes, ils ont mis leurs doigts dans leurs oreilles, se sont enveloppés de leurs vêtements, se sont entêtés et se sont montrés extrêmement orgueilleux. (Sourate Nuh, 7)

Ceux qui refusent les conseils sont comparés à des onagres:

Qu'ont-ils à se détourner du Rappel? Ils sont comme des onagres épouvantés, s'enfuyant devant un lion. (Sourate al-Muddattir, 49-51)

Nous sommes encore informés par le Coran que ces personnes qui s'éloignent de l'Islam par des réactions aussi primaires et de telles excuses sont décrites comme injustes.
Et qui est plus injuste que celui qui invente un mensonge contre Allah, alors qu'il est appelé à l'Islam? Et Allah ne guide pas les gens injustes. (Sourate as-Saff, 7)

Si cet individu égaré est astucieux, il prend cette mise en garde comme un défi et essaie de prouver sa "vigilance" et son "astuce". Personne ne peut le "duper" après tout. Il aborde les musulmans d'une façon paranoïde et hostile. Puisqu'il pense que chaque individu est motivé uniquement par son intérêt propre, tout comme lui, il ne peut comprendre les efforts sincères et dévoués des musulmans dans la voie d'Allah. Il essaie d'expliquer l'unité et la solidarité des croyants du point de vue des ignorants. "Il doit y avoir quelque chose derrière tout cela", se dit-il.
En fait, ses manières fourbes, hostiles et entachées de préjugés envers les musulmans ne sont pas des défauts qui lui sont particuliers. A travers toute l'histoire, toutes les sociétés ignorantes ont utilisé la même tactique et agi de la même manière. Malgré la succession des époques, cette mentalité, ces méthodes et ces comparaisons sont demeurées inchangées.

Ils ont plutôt tenu les mêmes propos que les anciens. (Sourate al-Mu'minûne, 81)

Ces imposteurs nient la révélation ou essaient de corrompre sa signification pour qu'elle serve leurs propres intérêts. Ils mettent en avant d'autres critères que ceux du Coran.

Qu'avez-vous? Comment jugez-vous? Ou bien avez-vous un Livre dans lequel vous apprenez qu'en vérité vous obtiendrez tout ce que vous désirez? Ou bien est-ce que vous avez obtenu de Nous des serments valables jusqu'au Jour de la Résurrection, Nous engageant à vous donner ce que vous décidez? (Sourate al-Qalam, 36-39)

Quand le négateur est parmi les membres de la société de l'ignorance, il se rappelle à peine qu'il est musulman. Il ne se demande jamais si ses actions, ses attitudes, son rapport avec autrui et sa façon de vivre conviennent aux critères coraniques. Cependant, quand il rencontre un musulman sincère, il se rappelle subitement qu'il est un musulman "très" religieux. Il commence à énoncer des clichés pour prouver combien il est religieux. Des déclarations comme "je suis musulman, alhamdulillah", "je ne manque jamais les prières", "je ne bois jamais d'alcool pendant le mois de Ramadan" sont en fait des indications de l'état psychologique déplorable de cette personne qui essaie de dissimuler sa vraie personnalité.
D'autres personnes "astucieuses" vont bien plus loin et agissent comme des croyants d'une très grande piété. Elles se comparent à ceux qui vivent la religion d'une façon corrompue et déclarent: "Mon cœur est pur et je suis plus religieux que la plupart de ces personnes qui semblent religieuses". Elles disent: "Allah sait qui est sur le droit chemin". Elles refusent les critiques sur leur mode de vie irréligieux tout en se livrant ouvertement à des activités illégales telles que l'"usure" et l'"adultère". S'il est certain qu'Allah sait qui est sur le droit chemin et qui ne l'est pas, il n'en demeure pas moins que, selon le Coran, un vrai croyant a les caractéristiques des croyants comme définies dans le Coran. Car les critères du Coran sont très clairs: une personne qui se prétend supérieure, sans avoir une connaissance du Coran, se déshonore.
L'une des plus grandes erreurs de telles personnes est qu'elles supposent à tort qu'elles peuvent tromper les autres. Cependant, les vrais croyants peuvent facilement identifier de telles personnes à l'aide de la compréhension et de la capacité dont Allah les a dotés ainsi qu'à partir de la connaissance fournie par le Coran. En outre, Allah qui "connaît fort bien le contenu des cœurs" (Sourate al-Imran, 119), les voit et les connaît mieux qu'eux-mêmes. De telles personnes croient qu'elles peuvent tromper Allah exactement comment elles trompent autrui. Le Jour du Jugement, aucune excuse ne sera acceptée de ces gens devant Allah.

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